Se déplacer de A à B. Que se passe-t-il au début du déplacement ? et juste avant ? Qu’est-ce qui entretient le mouvement ? Comment le mouvement s’arrête-t-il ? comment s’y prépare-t-on ?
- Il n’y a pas d’immobilité avant le départ : le corps entier respire.
- On peut engager le mouvement en préparant le futur support (un pied, une canne) puis en lançant le haut du corps au-dessus de ce support ; ou bien en bombant le torse par une inspiration, ce qui provoque un déséquilibre et oblige le support à s’adapter.
- Le début est-il latéralisé ? Y a-t-il d’emblée controlatéralité ?
- On peut entretenir le mouvement en veillant à ce que notre centre (quel centre ?) soit en translation uniforme alors que les parties périphériques moulinent autour de ce centre.
- L’arrêt est resté mystérieux. Est-ce qu’on projette le dernier support plus en avant pour que la réception sur ce support reçoive toute l’énergie cinétique ? Y a-t-il crispation des muscles qui dissipe cette énergie ?
- Alors que cet exercice est très terre à terre, il peut déjà fournir un support à notre imaginaire et nous projeter dans des histoires.
La kinésphère. Quels mouvements sont possibles à partir de nos pieds ancrés dans le sol ?
- Le mouvement qui résulte est une composition de la rotation de nos articulations. En négligeant la manière dont le pied s’adapte pour assurer l’ancrage, nos genoux sont mis en rotation par les chevilles, nos articulations de la hanche par les genoux, nos vertèbres par la hanche, nos épaules et notre tête par nos vertèbres, nos coudes par nos épaules, nos poignets par nos coudes, nos doigts par nos poignets. Cela donne des images du monde aquatique (la méduse) et plus particulièrement végétal (l’algue, le corail).
- On peut voir cette sphère comme une prison et vouloir en explorer les barreaux, voire aller au delà en libérant un ou deux pieds.
- La kinésphère connaît des niveaux : debout en extension, plus ramassé à genoux et bassin fléchis, accroupi, en boule.
- On peut faire l’expérience de la différenciation de la gauche et de la droite qui donnent des mouvements de torsion et créent l’illusion de rotations commandées ailleurs (voir la rotation des bras accentuée par la torsion du torse).
- Deux rotations inverses coordonnées créent une translation : exemple du corps haut en translation vers le bas par une rotation des genoux et du bassin.
Duos en fractionné. Rechercher la simultanéité des engagements et arrêts du mouvement.
- Problème des yeux qui créent un contact très fort voire intrusif et peuvent empêcher une mise en rapport des corps entiers.
- Tentation de bouger en miroir (voir des exercices classiques de l’entraînement du comédien). Que cela induit-il dans le rapport entre partenaires ? quelle interaction, proximité, abolition du moi ?
- Difficulté à s’accorder dans l’immobilité et à y trouver une aisance.
- Comment préparer la fin ?
- Y a-t-il de la place pour des soubresauts, des provocations ? Comment sont-elles reçues par l’autre ?
- La respiration au repos peut être le germe du mouvement.
Tous ensemble.
- Quelle participation lorsqu’on garde les yeux fermés, lorsqu’on choisit de resté ancré dans ses pieds ?
- Quelle écoute, quelle histoire ? Quel besoin de mouvement ?