Nous sommes 4. Nous marchons de façon à laisser le bruit de la route derrière nous. Le silence que nous rencontrons fait le plein de chants d’oiseaux. La cime des arbres laisse passer la lumière.
Nous délimitons un espace de jeu. Il est fait de pins et de feuillus, de roches et d’humus, de branches « mortes » et de mousse.
Nous formons un cercle autour d’un cercle de trèfles d’un vert tendre et intense. Nos bras se touchent presque. Le cercle se défait petit à petit. Chacun semble apprivoiser ce lieu accueillant et rude. Ou se laisser apprivoiser par lui ?
Chacun commence son exploration. J’ai la sensation que chacun est seul avec les autres. Avec ce coin de forêt dans la forêt.
Pieds nus je prends le risque et le plaisir de sentir la terre, les cailloux, les morceaux de bois. Je ne peux pas marcher vite et encore moins courir. Je me réfugie sous une branche tombée au sol. Elle forme comme un tipi. Je me glisse dessous. Je me sens à l’abri. Ce pourrait être la fin du monde dans le film Melancholia.
Mon exploration m’amuse. Le rocher recouvert de mousse offre aussi une cavité accueillante. Je m’appuie sur lui pour me redresser ou je me fonds dans sa minéralité.
Je ne suis pas arbre ou rocher. Je suis pourtant aussi eau ou minéral.
Comme une évidence après comme un besoin de rencontrer seuls la forêt, vient la rencontre avec les autres. Contact léger. Intense. Puis comme un affrontement, un jeu de lutte. La poussière nous recouvre. Le sol est sec.
Qu’est ce qui est spécifique d’improviser dans la forêt, dans cette forêt ? dans cette partie de cette forêt ? Quelles différences ou similitudes dans notre relation à l’autre humain ou à l’autre arbre ou trèfle ou rocher ?
Nous nous retrouvons en cercle autour d’un arbre. Nos corps se touchent.
Réflexion : quels habits pour être avec la forêt ?